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Santé équine

La mycose des poches gutturales

Cette infection est généralement causée par un fongus de la famille Aspergillus. La poche gutturale est un diverticule (poche) situé entre le pharynx et l’oreille interne; on retrouve cette particularité anatomique chez les équidés seulement. Il y a plusieurs structures importantes qui sont près des poches gutturales comme des vaisseaux sanguins (image) et des nerfs. Ainsi, quand il y a une infection au niveau des poches gutturales, l’infection peut se propager aux autres structures adjacentes. Une ou les deux poches gutturales peuvent être affectées.

Plusieurs signes cliniques peuvent être observés lors de mycoses des poches gutturales. La principale manifestation est l’épistaxis (saignement de nez); elle résulte d’une lésion à un ou plusieurs vaisseaux sanguins par l’infection. Le premier épisode de saignement est généralement non fatal, mais si l’animal perd beaucoup de sang, la situation est plus sérieuse et il faut envisager une transfusion. On peut aussi rencontrer de la dysphagie (difficulté à déglutir) si l’infection et l’inflammation se propagent aux branches des nerfs vague et glossopharyngien.

La cause prédisposant à cette maladie n’est pas connue. Les fongus responsables sont présents dans l’environnement et ils sont généralement non-pathogènes (sans danger). Une hypothèse ayant été avancée suggère que des micro-traumatismes de la muqueuse des poches gutturales causées par le battement normal des artères, favoriseraient l’infection fongique.

Il est difficile de prévenir cette infection. Il n’y a pas de prédispositions de race, d’âge, de sexe ou géographiques reliées à cette infection. L’infection est plus souvent observée dans les mois les plus chauds et généralement, il n’y a qu’un seul cheval affecté dans l’écurie. Donc, ce n’est pas contagieux pour les autres chevaux.

Le traitement ainsi que le pronostic varient en fonction des signes cliniques observés.

Le traitement le plus souvent effectué consiste en l’occlusion chirurgicale, sous anesthésie générale, des artères impliquées. Si l’épistaxis est sévère, l’animal doit d’abord être stabilisé afin de réduire les risques de complications anesthésiques. Ainsi, on espère prévenir les hémorragies. De plus, sans apport sanguin, le fongus ne pourra plus croître et l’infection devrait guérir. Dans les rares cas où des considérations médicales préviennent l’approche chirurgicale, il est également possible de procéder au traitement local de l’infection fongique. Les médicaments anti-fongiques sont alors appliqués directement sur la lésion sous contrôle endoscopique (appareil flexible introduit par le nez et permettant de visualiser la poche gutturale). Alors que le traitement est très efficace pour le contrôle des hémorragies, le pronostic lors de dysphagie est pauvre, les nerfs affectés ne recouvrent en effet que rarement leur fonction initiale.

Faculté de Médecine vétérinaire, Université de Montréal Marie-Eve Fradette
étudiante 3e année

Dr Jean-Pierre Lavoie, DMV, Diplomate ACVIM
Professeur titulaire, Médecine interne équine
Faculté de Médecine
Université de Montréal

La Chronique
Vétérinaire

Clinique
23 février 2008

 

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